FESTIVAL AAB 09 : Festival des Carnets de voyages et de curiosités
Album photos du Festival 2009 Le 7 ème Festival des Carnets de voyages et de Curiosités 2009 (15- 18 mai 2009) s’est très bien terminé au soir du lundi 18 mai. Un des points forts de l’année, et même marquant le début de la fin de saison 2008-2009, voici ces images de l’équipe participante, des artistes et de quelques amis (es)... de quoi donner envie de venir nous rencontrer... et de venir (ou de participer) dans le futur. L’équipe de l’Espace Reine de Saba remercie très chaleureusement les Artistes (très talentueux et fort sympathiques) pour leur participation très active et les quelques 950 visiteurs heureux (beaucoup moins que les années précédentes : raisons diverses : pluies intempestives, froid, crise ? ambiance en France ? communication AAB ? on le sait pas vraiment et on fera un compte-rendu suite à nos diverses réunions de blian en fin juin). Voici un premier lot de photos du Festival, d’autres suivront ces jours-ci. Information pour les artistes intéressés l’année prochaine :
- La Serre du Jardin de la Reine de Saba

- Christine Le Roy
- Collection de tableaux liés à ses dernières collectes dans les murs parisiens.

- Oeuvres de Christelle Guénot

- collection de Carnets yéménites de XAN Pecis

- Fresque de Xan Pecis

- Oeuvres de Xan Pecis

- Palettes peintes de Baobab

- Oeuvres et mise en scène de José-Marie Bel

- Anna et Xan Pecis

- Festival Carnets de Voyages et de Curiosités AAB 09
- 16 mai 2009

- Alexandre Pecis : Invité spécial venant de Turin
- Carnets de Voyage (dont Yémen, Ethiopie...)

- Alexandre Pecis et certaines de ses oeuvres

- Chrsistelle Guénot : Star bien connue en France
- co-fondatrice d’Uniterre.com (le plus grand site des Carnets de Voyage).

- Christine Le Roy et "Complétement timbrées"....
- Passionnante, passionnée de l’Art Postal, co-fondatrice avec Roswitha Guillemin de "Complétement Timbrées" !

- Alexandre Pecis

- Sabine Hautefeuille
- Oeuvres remarquables peintes sur de grandes palettes, de Sabine Hautefeuille (Baobab). Magnifiques !

- Ambiance générale

- José-Marie Bel
- Le chef d’orchestre du Festival : artiste, metteur en scène, décorateur, dj et fin cuisinier et cela depuis 10 ans.

- Robinson Bel-Legroux
- Il connait tous les événements, toutes les expositions... et prépare son bac pour bientôt... en juin 09

- Sabine Hautefeuille (Baobab)
- Talentueuse jusqu’au bout de ses palettes !

- Patrick Hautefeuille
- Un assistant Grand Voyageur plein de charme et d’humour
YEMEN (article voyage)
compte-rendu d’un voyage réalisé en octobre-novembre 2009 par Solange M.YEMEN
Nous avions des rêves de Yémen sur papier glacé, des rêves de maisons-tours aux façades de dentelles blanches, alors bravant les milieux "autorisés" de France qui nous "déconseillaient vivement de nous rendre dans ce pays" et d’un coup de tapis-boeing magique nous voilà à Sanaa à la découverte du pays de la Reine de Saba. Entrés dans la troisième dimension en voyant ces villages accrochés au sommet d’une montagne, se fondant avec les pierres et ces vallées profondes et ces montagnes vertigineuses entièrement travaillées en terrasses de culture.
Alors nous avons pu admirer de visu ces magnifiques maisons entièrement décorées à l’extérieur mais aussi à l’intérieur. Où des vitraux en arabesques peintes de couleurs tendres font entrer un soleil coloré de rouge, vert, bleu. Où l’on peut voir sans être vu de la rue.
Nous avons découvert un pays faisant le grand écart entre le moyen-âge et le vingt-et-unième siècle. Car se sont bien nos contemporains ces gens qui vivent avec une "Jambia" à la ceinture et le téléphone portable à l’oreille. Ces femmes, petits fantômes noirs, qui laissent apercevoir un blue-jean sous leur sharshaf et se pressent comme des mouches devant les boutiques des joailliers et où les magasins de longs vêtements noirs voisinent avec des boutiques qui vendent des robes de princesses, très colorées et décolletées, couvertes de paillettes et de strass. Mais nous n’aurons pas le loisir de les admirer, ces femmes aux yeux magnifitques, souvent très maquillés, qui se cachent pour mieux être libres. Ces enfants qui sont scolarisés dès lage de six ans et qui nous quémendent d’être photographiés "zora, zora" et rient de si bon coeur en se voyant dans nos appareils numériques et qui savent dire "Comment tu t’appelles ?" en français ou "I love you" et disent timidement "dolars ???" pendant que les adultes les chassent d’un revers de main. Des rues grouillantes, des souks bourrés de marchandises, des enfants, que d’enfants !!! et partout des sourires et une gentillesse naturelle. Aucune hostilité devant ces européens drôlement accoutrés.
Dès une heure de l’après-midi, les joues se gonflent d’une boule de Qat, des plus jeunes - une douzaine d’années, parfois - aux plus vieux et tout en travaillant, c’est la palabre ; les gestes se ralentissent, et les discussions vont bon train. Il paraît que les femmes aussi qatent, mais nous n’aurons pas le loisir de les voir, puisqu’elles sont bien à l’abri sous leurs voiles noirs.
José-Marie, aidé de son fidèle Ahmed, nous explique, nous raconte, nous apprend et nous découvrons les uns après les autres ce qu’il appelle "ses secrets". Tout ce qui lui tient à coeur et qu’il veut bien nous faire partager. Il nous montre les adéniums en fleurs, un baobab géant - hélàs mis en cage pour le protéger - un magnifique caméléon vert - qu’il fait poser pour les photographes, des caravansérails, des palais en déliquescence, la maison de Rimbaud à Aden, des marchés typiques, où nous sommes les seuls touristes et où nous nous faisons les plus discrets possible. La Mer Rouge, l’Océan Indien et les criées au poissons tout frais pêchés, les chantiers de constructions de boutres aux couleurs vives.
Nous roulons sur des routes bien asphaltées et partout des chantiers de constructions modernes indiquent que ce pays est dynamique et jeune et que l’avenir lui appartient.
Inch Allah !
Solange M.
Ethiopie et la Croix
article de presse paru dans le journal LA CROIX sur l’Ethiopie chrétienne, par Dominique Gerbaud, paru le 27 février 2009. De quoi donner encore plus envie d’aller dans ce pays... Envoyé par Fredy Martinage le 11/03/09SOCOTRA, SUQUTRA, DIOSCORIDOS...
découvrir cette île inconnueSocotra, île du Paradis ?... État des lieux
Par José-Marie Bel Expert du Yémen, Socotra et la Corne africaine Article paru dans le journal « Reine de Saba infos » en fin 2004 (publié sur notre site en mars 2009) Et envoyé aux autorités yéménites à Paris (Ambassade du Yémen) et à Sanaa (Ministère de la Culture et du Tourisme).
Alors qu’un petit réveil d’intérêt se manifeste dans cette région et que nous programmons (comme chaque année) deux voyages au Yémen et à l’île de Socotra , il est intéressant de vous parler de cette île bien peu connue.
Nous programmons depuis 10 ans des voyages de découverte de cette île, et sommes sans conteste les plus expérimentés sur cette île. D’ailleurs, il y a un peu plus de deux ans, nous avions présenté pour la première fois en France (faut-il le dire, notre rôle innovant et de secoueur d’idées...), une très belle exposition sur « Socotra, île merveilleuse, île mystérieuse », assez peu visitée malgré ce joli titre, car public et certains journalistes ont pensé qu’il s’agissait d’une exposition sur les foyers Sonacotra ! Signe de haut degré de culture ! Nous voyons donc depuis 1999, date de réalisation d’une immense piste d’atterrissage et plus tard d’un véritable aéroport, un net changement dans cette île.
Deux parties principales nous intéressent : La vie traditionnelle et actuelle des habitants, et le devenir de l’île. Influence de la modernité, et impact touristique.
Cette île oubliée du monde, à juste titre car difficile d’accès en raison de ses vents et climats très durs durant six mois (avril-septembre), l’a été d’autant plus pendant la période de guerre froide et d’annexion de l’ex-Yémen du Sud au régime communiste, laissant croire la présence de base nucléaire à la James Bond, de 1967 à 1990. Il n’en a rien été. Jusqu’en 1999, date de création de la ligne régulière de la compagnie Yemen Airways Sanaa/Aden/Ryan (Mukalla)/Socotra, l’île n’était desservie qu’épisodiquement et moyennant prix fort (pour les étrangers) par des avions militaires yéménites. Depuis des années et surtout les années 1990 (guerre et troubles somaliens), cette île a la malheureuse réputation d’être infestée de pirates prêts à arraisonner tous bateaux, paquebot, cargo ou navire de plaisance. Il n’en est rien ! mais la rumeur persiste, hélas. Car à mon expérience personnelle, il n’y a pas plus paisible que le peuple socotri, et jamais aucun marin n’aurait l’idée, l’audace et certainement pas les moyens de se lancer dans une telle aventure monfreidienne. Cependant, il semble vrai que cette pratique existe sur certaines côtes somaliennes et en mer Rouge, pour ne citer que cette région. Alors, elle fait peur. Depuis donc l’arrivée des avions et l’amélioration du petit port, le grand débarquement s’est lancé à l’assaut de l’île : les Yéménites du nord ont investi Hadibû en construisant à leur manière, ouvrant boutique, introduisant l’usage du qât, installant l’électricité, introduisant la télévision par satellite, et aussi le (très) haut-parleur des nouvelles mosquées. Des routes en asphalte sont rapidement construites (environ 100 kms à la date d’aujourd’hui) alors qu’il n’y avait que des pistes il y en encore 2 années. Dispensaires, écoles et mosquées fleurissent aussi ici et là un peu partout. Le gouvernement yéménite, encouragé par la Banque Mondiale et des bourses à sous ( ?) développe les investissements.
Mais qu’en est-il des Socotris ahuris ? Etonnés ou perplexes ? Oubliés du monde, forcés pour certains à devoir s’exiler dans les Émirats pour subvenir aux besoins familiaux, ils regardent le « monde » s’intéresser à eux, et bien sûr d’une manière intéressée. J’ai donc lors de mes derniers séjours, vu des occidentaux, et moyen-orientaux et japonais, passer trois jours sur l’île afin de prospecter, et étudier dans quel domaine ils pourraient « aider » cette île. Bonnes intentions croyez-vous ? Cependant, largement soutenu par nombre d’experts et institutions scientifiques occidentales (dont les dynamiques anglais et écossais), le Yémen et des associations insulaires ont pris conscience que la précieuse île pouvait jouer une carte dans la pensée écologique planétaire. Oui, Socotra est un joyau naturel extraordinaire, et il convient de la protéger. Certes. Mais contre qui ? Certainement pas contre les Socotris qui eux ont toujours adoré leurs plantes, leur sol et les astres, avant qu’on ne leur disent, il y a peu, qu’il leur fallait aimer un dieu unique, Allah (c’est purement authentique). Alors, contre qui ? Depuis le début du XXème siècle, militaires, colons et chercheurs anglais ont séjourné sur cette île, mais n’ont rien fait de marquant mis à part la construction de quelques bâtiments lourds et inesthétiques, dont aujourd’hui le futur mythique SummerLand Hôtel, ex-bâtiment administratif, ex-prison, nouvellement restauré. Brian Doe (« Socotra, the Island of Tranquility », Himmel pub.) y a fait de nombreux séjours. (Mais) Voilà comment des experts internationaux et yéménites ont jeté la suspicion sur les quelques rares étrangers visiteurs parce que des botanistes ont pris des plants de plantes rares. (Vous ne pouvez pas imaginer comment), on nous prévient dès notre arrivée sur l’île que nous serons surveillés et fouillés au départ à l’aéroport d’Hadibû, et que même durant votre séjour ici et là, dans les hauts-plateaux des informateurs socotris, des gens de tribus doivent aller au rapport sur faits et gestes des touristes. Là, c’en est trop ! Car la paranoïa gagne et contribue à créer un malaise gênant.
J’avais, (en son temps), il y a 7 ans déjà porté réclamation aux autorités yéménites sur de tels actes : fouilles au corps et attentives des bagages, et à nouveau, il y a encore deux ans, des fouilles corporelles inadmissibles sur les femmes (par des femmes, rassurez-vous). Je préconise d’urgence qu’une prise de conscience soit faite à ce sujet. Il est vrai que des botanistes passionnés sont tentés d’effectuer des collectes (il est vrai qu’un botaniste du Museum National d’Histoire Naturelle de Paris en a fait les frais). Ils doivent se déclarer, mais cela prend du temps et ceci est très complexe à distance. Après les pillages anglais et de quelques autres personnes avant l’instauration de ces règlements (légitimes après de tels excès) par les responsables du très rutilant immeuble du Socotra Conservation Fund, il serait temps qu’on en finisse avec des tels actes affligeants et humiliants. Je préconise très simplement que cet office puisse offrir, moyennant finance, la vente de graines de plants socotris. Ainsi, il serait possible de satisfaire tout le monde. Les bédouins et paysans prendraient conscience que la préservation de l’île passe aussi par la plantation de certaines populations, en voie de disparition -pour plusieurs raisons dont le surpeuplement de chèvres sauvages- (qu’ils pourraient faire), et par des récoltes de graines et semences. Leur vente permettrait ainsi de financer des projets purement locaux. La dispersion de graines d¹une région donnée destinée à des collectionneurs avertis, des laboratoires ou des Museums, n’a jamais fait de tord au lieu d¹origine. La paranoïa (ou la sur exaltation de l’égo) locale vivement encouragée par certains occidentaux s’en trouverait atténuée. Depuis peu, il existe bien une boutique tenue par de dynamiques jeunes femmes parlant fort bien l’anglais qui mettent en vente (à prix non modéré) leurs produits régionaux : tapis, poteries, miels. Afin de finir cet « épineux » débat : abordons un point que je considère bien plus grave : qu’en est-il de la prestigieuse, scandaleuse route au prix exorbitant qui continue son tracé, depuis la région des plaines basses du centre-nord et qui, sous peu, doit atteindre la région centre-sud. Financée avec des moyens colossaux, les monstres mécaniques défoncent sans gêne aucune, des arbres endémiques et millénaires dont l’origine remonte à la nuit des temps. Adenium, encensiers, myrrhiers et dragoniers en font les frais et agonisent lamentablement dans des fossés, sous les regards qâteux des ouvriers indifférents. Sous couvert d’apport de la modernité, d’éduquer et « évangéliser » des peuples simples, on contribue encore une fois à perturber tout un système.
L’objet de cet article n’est pas de polémiquer mais de décrire de dénoncer et de mettre à jour une telle pratique. Nous mettons en garde des actions qui risqueraient de « tuer la poule et à la fois les œufs », car il n’est pas simple d’aller à Socotra. Coût supérieur en avion (300 euros), autorisations, location à prix fort de 4 X4 avec chauffeur, organisation totale puisqu’il faut acheminer presque tout du continent, un séjour de 15 jours au Yémen + Socotra (une semaine) s¹élève à 3000 euros, au moins.
Présentation Générale
SOCOTRA : L’île de Socotra, ou Soqotra (en sanscrit « Dwipa Sukhara », « île de la Béatitude » ou « la Bienheureuse »), la plus grande des îles du Yémen, qui a 3626 km2, se situe dans l’océan Indien à la pointe de la corne de l’Afrique, du cap Guardafui ; non loin des routes maritimes entre la mer Rouge, l’Afrique de l’est, le golfe Persique et l’Inde. Elle est la plus proche de l’Afrique, le cap Guardafui, ou cap des Aromates.
Cette grande île qui est à 800 km d’Aden et 480 km de Mukalla, la grande ville yéménite située à son nord, au bord de l’océan Indien (ou plutôt mer d’Arabie), a environ 125 km de long sur 42 km de large au maximum. Elle ressemble à un long fuseau d’est en ouest. Elle est exactement en face de la frontière yéméno-omanaise, au sud-sud-est du ras Fartak, distante de 380 km. Il faut deux à trois jours de boutre odoriférant (odeurs de requins séchés à l’air ambiant mêlées aux vapeurs de mazout du moteur ; le boutre, appelé dhow ou sambuk est un voilier à voile latine régional), pour arriver à la capitale Hadibû, vague grand bourg endolorie qui ressemble la plus forte population de l’île, soit environ 15 000 âmes sur une cinquantaine dit-on encore (certains prétendent que l’île a 80 000 habitants).
La langue des Socotris (ou Socotrans) est un dialecte endémique local, langue suqutri, non écrit, donc uniquement verbal, qui a tendance à disparaître depuis surtout l’unité yéménite (mai 1990) et l’arrivée plutôt massive d’immigrants venant du continent. A l’époque des différentes formes de protectorats anglais (1839-1967), Socotra faisait administrativement partie de la province de Mahra, à l’est de Mukalla, sous la tutelle du « Sultanat de Mahra, Qishn et Socotra », puis dès l’indépendance du Protectorat et des Sultanats du Yémen du sud, le 30 novembre 1967, elle fut rattachée à la République Démocratique et Populaire du Yémen. Depuis le 22 mai 1990, Socotra et ses îles voisines font partie intégrante de la République du Yémen (Fierté du Yémen unifié, qui ne loupe jamais de l’inclure dans tout message iconographique, images à la télévision, timbres poste, etc…).
Cette île est essentiellement composée de deux longs plateaux calcaires qui ont entre 300 et 900 mètres d’altitude, séparés presque au centre par un plateau aux gorges profondes et verdoyantes non loin de montagnes métamorphiques composées de calcaires, granites et basaltes, dont le plus haut sommet, le massif du Jebbel Haggier culmine à 1505 m. Grâce à sa géologie, à ses plateaux et montagnes et à ses crêtes abruptes, elle attire et bloque les nuages qui créent ainsi des zones à fort taux d’humidité et des précipitations, favorisant ainsi le développement d’une flore endémique. Pendant les moussons, de mai à septembre, certaines collines et montagnes qui ont seulement 150 m de haut sont dans les nuages, tandis qu’une autre partie de l’île reste quasi désertique, bénéficiant parfois, surtout dans les régions côtières, de l’humidité provenant des vagues jetées violemment contre les rivages.
Une Nature unique au monde : faune & flore endémiques
L’île de Socotra possède une faune et une flore, pour certaines endémiques,exceptionnelles. Depuis plus de 3000 ans, elle s’est rendue célèbre pour ses arbres à encens et à myrrhe, ses sang-dragons et ses aloès. Outre des espèces d¹encensiers peu communs, Boswellia elongata L., Boswellia nana H., Boswellia popovian H., il y a des dragonniers, Draceana cinnabari, qui commencent à croître à partir de 300 m. d’altitude autour du Jebbel Haggier. Ces arbres qui remontent à la nuit des temps (soit à l’époque des dinosaures), sont inchangés. Ils impressionnent par leur panache en forme de parapluie (ou ombrelle) géant, pouvant atteindre une hauteur de 10 m, et un diamètre de ses branches paraissant entrelacées de 15 m. D’autres arbres sont extrêmement curieux : Dencrosicyos socotranus, un pachydium, appelé vulgairement « arbre concombre », un curcubitacé à énorme tronc gris dont les fruits sont suspendus à de frêles branches, Adenium obesum ssp., un pachypodium appelé aussi trop vulgairement « arbre bouteille ou pied d’éléphant », au tronc fort semblable mais à l’aspect général tortueux et à l’inflorescence joyeuse ressemblant à un bouquet de fleurs de laurier rose. Le Dorstenia Giga ressemble aux deux précédents. Un nombre d’espèces existantes dans toutes les régions de l’île, certaines sont encore inconnues. Trois espèces endémiques d’Aloès ont aussi donné à cette île une renommée mythique, Aloe perryi, Aloe forbesii, A. squarrosa. Cette dernière ne pousse qu’à l’extrême ouest de l’île.
Socotra possède aussi une faune insulaire rare où vivent six espèces et une douzaine de sous-espèces d’oiseaux. Dans certains biotopes, vivent des espèces d’insectes peu connues voire inconnues. C’est le cas de Lépidoptère Rhopalocère (papillon de jour), Hérétocère (papillon de nuit) et d’autres coléoptères.
Les rivages côtiers composés de récifs rocheux, de massifs coralliens, d’immenses bancs de sable et de lagons, possèdent une flore et faunes aquatiques d’une richesse impressionnante. Outre les requins et poissons géants, il n’est pas rare de rencontrer des tortues, cachalots et baleines, et de pouvoir se baigner parmi 100 dauphins.
SOCOTRA, île merveilleuse du Yémen
dossier complet : histoire, découverte, séjour...SOQOTRA Île Trésor du Yémen
Nous avons enrichi le parcours de cette exposition avec des documents inédits, récents et anciens, textes de Jean-Louis Guebourg, photographies de José-Marie Bel, aquarelles originales et collection de Mike Langman (oiseaux) et Diccon Alexander (plantes) et Rob Hume. Au regard de nos connaissances sur cette île, il nous a aussi semblé intéressant de vous faire découvrir les principaux écrits des anciens explorateurs, voyageurs et marins qui ont relaté, en leur temps ses caractéristiques si particulières : Pline l’ancien, Marco Polo, Don Joam do Castro, les Corsaires malouins, ainsi que Kammerer, historien d’exception. Présent, et avenir de cette île - un des derniers joyaux terrestres - sont désormais aux mains des Yéménites du continent. Sans complaisance, nous montrons les effets qui sont bien visibles depuis quatre ans. Cette nouvelle exposition, la 29ème dans nos locaux depuis 1999, a la prétention de contribuer à la connaissance et au respect de lieux et de peuples lointains. Elle est réalisée dans la cadre des actions de protection du patrimoine naturel et humain de notre comité. Depuis 16 ans, le comité français de soutien aux actions de l’Unesco engage des actions à Socotra, au Yémen, en Ethiopie et depuis peu, en Erythrée. Nous organisons en partenariat, des voyages dans ces régions. Bonne visite, bonne lecture
SOCOTRA, présentation générale
L’île de Socotra (en sanscrit “Dwipa Sukhara”, île de la Béatitude” ou “la Bienheureuse”), la plus grande des îles du Yémen, qui a 3626 km2, se situe dans l’océan Indien à la pointe de la corne de l’Afrique, du cap Guardafui ; non loin des routes maritimes entre la mer Rouge, l’Afrique de l’est, le golfe Persique et l’Inde. Elle est la plus proche de l’Afrique, le cap Guardafui, ou cap des Aromates. Cette grande île qui est à 800 km d’Aden et 480 km de Mukalla, la grande ville yéménite située à son nord, au bord de l’océan Indien (ou plutôt mer d’Arabie), a environ 125 km de long sur 42 km de large au maximum. Elle ressemble à un long fuseau d’est en ouest. Elle est exactement en face de la frontière yéméno-omanaise, au sud-sud-est du ras Fartak, distante de 380 km. Il faut deux à trois jours de boutre odoriférant (odeurs de requins séchés à l’air ambiant mêlées aux vapeurs de mazout du moteur ; le boutre, appelé dhow ou sambuk est un voilier à voile latine régional), pour arriver à la capitale Hadibû, grand bourg endolorie qui ressemble la plus forte population de l’île, soit environ 18 000 individus sur une totalité de 50 000 dit-on encore. La langue des Socotris (ou Socotrans) est un dialecte endémique local, langue suqutri, non écrit, uniquement verbal, qui a tendance à disparaître depuis surtout l’unité yéménite (mai 1990) et l’arrivée massive d’immigrants venant du continent. A l’époque des différentes formes de protectorats anglais (1839-1967), Socotra faisait administrativement partie de la province de Mahra, à l’est de Mukalla, sous la tutelle du “Sultanat de Mahra, Qishn et Socotra”, puis dès l’indépendance du Protectorat et des Sultanats du Yémen du sud, le 30 novembre 1967, elle fut rattachée à la République Démocratique et Populaire du Yémen. Depuis le 22 mai 1990, Socotra et ses îles voisines sont rattachées administrativement à la République du Yémen. L’Etat yéménite, avec l’aide de nations étrangères, y a engagé de nombreux projets : aéroport, port, routes, électricité, dispensaires, écoles et garnison...
Géologie Cette île, détachée du continent africain il y a quelques 30 millions d’années, est essentiellement composée de deux longs plateaux calcaires qui ont entre 300 et 900 mètres d’altitude, séparés presque au centre par un plateau aux gorges profondes et verdoyantes non loin de montagnes métamorphiques composées de calcaires, granites et basaltes, dont le plus haut sommet, le massif du Jebbel Haggier culmine à 1505 m.
Grâce à sa géologie, à ses plateaux et montagnes et à ses crêtes abruptes, elle attire et concentre les nuages qui créent ainsi des zones à fort taux d’humidité et des précipitations, favorisant ainsi le développement d’une flore endémique. Pendant les moussons, de mai à septembre, certaines collines et montagnes qui ont seulement 150 m de haut sont dans les nuages, tandis qu’une autre partie de l’île reste quasi désertique, bénéficiant parfois, surtout dans les régions côtières, de l’humidité provenant des vagues jetées violemment contre les rivages. Non loin de là entre Socotra et les côtes somaliennes, il y a un chapelet de petites îles appelées actuellement “les Frères”, (ce qui ne fût pas le cas jadis comme l’avais dit Marco Polo, « Les îles mâles » et « les îles femelles » ), Al Akahwayn, Samhah, Darsah, et plus à l’ouest l’île J. Abd al-Khuri.
Une nature endémique L’île de Socotra possède une faune et une flore exceptionnelles, et pour certaines endémiques. Depuis plus de 3000 ans, elle s’est rendue célèbre pour ses arbres à encens et à myrrhe, ses sang-dragons et ses aloès. Outre des espèces d’encensiers peu communs, Boswellia elongata L., Boswellia nana H., Boswellia popovian H., il y a des dragonniers, Draceana cinnabari, qui commencent à croître à partir de 300 m. d’altitude autour du Jebbel Haggier. Ces arbres qui remontent à la nuit des temps (soit à l’époque des dinosaures), sont inchangés. Ils impressionnent par leur panache en forme de parapluie (ou ombrelle) géant, pouvant atteindre une hauteur de 10 m, et un diamètre de ses branches paraissant entrelacées de 15 m. D’autres arbres sont extrêmement curieux : Dencrosicyos socotranus, un pachydium, appelé vulgairement “arbre concombre”, curcubitacé à énorme tronc gris dont les fruits sont suspendus à de frêles branches, Adenium obesum ssp., pachypodium appelé aussi trop vulgairement “arbre bouteille ou pied d’éléphant”, au tronc fort semblable mais à l’aspect général tortueux et à l’inflorescence joyeuse ressemblant à un bouquet de fleurs de laurier rose. Le Dorstenia Giga, endémique, ressemble aussi aux deux précédents. Trois espèces endémiques d’Aloès ont aussi donné à cette île une renommée mythique, Aloe perryi, Aloe forbesii, A. squarrosa. Cette dernière ne pousse qu’à l’extrême ouest de l’île. Flore et faune demeurent encore inconnues ou sont encore découvertes ces temps ci. Socotra possède une faune insulaire rare où vivent six espèces et une douzaine de sous-espèces d’oiseaux endémiques. Dans certains biotopes, on rencontre des insectes peu connus voire inconnus. C’est le cas de Lépidoptère Rhopalocère (papillon de jour), Hérétocère (papillon de nuit). Enfin, les rivages côtiers composés de récifs rocheux, de massifs coralliens, d’immenses bancs de sable et de lagons, possèdent une flore et faunes aquatiques d’une grande richesse. Outre les requins et poissons géants, il n’est pas rare de voir des tortues, cachalots et baleines, et de côtoyer de nombreux dauphins.
Les Socotris Le peuple de Socotra était estimé à 15 000 habitants en 1967. Il varie de nos jours entre 20 et 50 000 personnes ! Pourquoi une telle différence ? En fait, aucun recensement exact n’a pas se faire précisément, car les Socotris pensant toucher une prime en fonction du nombre de personnes déclarées ont largement grossi les chiffres. Il faut aussi considérer que depuis la période d’unité définitive, en 1994, et surtout depuis la réalisation de la piste d’atterrissage en 1999, une très forte population yéménite, originaire pour la plupart de Taïz ou d’Aden s’est installée à Hadibû et dans la région. …/…
Les Socotris (suite) Les Socotris se répartissent en deux groupes : ceux de l’intérieur des terres et hauts plateaux, les Joboliyah, et ceux des régions côtières, les Sahriyah. Les descendants des aborigènes vivent toujours dans les hauteurs et les montagnes, la plupart à plus de 600 m d’altitude, dans les plateaux fertiles, autour du Jebbel Haggier. Il vivent dans des grottes, et construisent des huttes ou des espaces circulaires sans toit. Ils sont souvent des petits fermiers, propriétaires de bétail composé de chèvres, bœufs (zébus) et de quelques dromadaires. Les femmes de Socotra, peu voilées, qui portent des tissus récents fleuris, tissent régulièrement des tapis de poils de chèvre, et certaines réalisent des poteries aux formes simples mais originales peintes au “sang du Dragon”. Le langage des Socotris est un dialecte très proche du Mahri (région du Mahra, situé à l’est de Mukalla jusqu’à la frontière omanaise), apparenté à l’arabe. Les spécialistes reconnaissent que les peuples côtiers de Hadibû proviennent d’un brassage entre Arabes, Indiens et Africains des côtes Swahili. Les Arabes installés dés le XVe s. proviennent de Mahra. Arabes et Africains sont musulmans, mais les bédouins socotris, certains islamisés, ont conservés des croyances ancestrales, liées à l’adoration des astres et au respect de la nature, tout en ayant été influencé. Certains de leurs ancêtres ont pu même être chrétiens. D’autres originaires d’Afrique, muqaddam, sont des descendants d’esclaves, employés par les Arabes, puis rendus libres formant alors des communautés séparées.
Socotra chrétien On sait que les Socotris ont été christianisés depuis fort longtemps, et cela fait partie d’une caractéristique culturelle de l’île. Encore aujourd’hui, on dit qu’un quartier d’Hadibû est celui des Chrétiens et des Portugais. Avant l’avènement de l’Islam, le Christianisme était florissant en Arabie du Sud, en Éthiopie et en Abyssinie ; ces influences se sont étendues jusqu’à cette île et même au-delà. Saint Thomas est traditionnellement supposé être au XIVe s. le père du nouveau christianisme, ayant même fait construire des églises avec des travées récupérées sur des navires. Mais bien avant en 524, venant d’Ethiopie le Grec Cosmos Indicopleustes fonda une église Nestorienne.
Socotra vu par les écrivains et anciens explorateurs Marco Polo : Le devisement du Monde Selon nos connaissances, Marco Polo dicta ses voyages en prison à Gênes à Rusta de Pise vers 1253. Il s’agit d’une description, souvent imagée, géographique, historique, ethnographique, politique et scientifique de l’Asie du Moyen Âge. Voici les extraits concernant Socotra. Nota : Toutes les traductions présentes respectent scrupuleusement les orthographes d’époque.
Ci devise du royaume de Kesmacoran Kesmacoran* est un royaume qui a un Roi et langage à soi. Les gens sont idolâtres et vivent de commerce et de métiers, car ils vivent comme marchands et ont beaucoup de marchandises qui vont de toutes parts, par terre et par mer. Ils se nourrissent de viande, de riz et de lait. Il n’y a rien à dire de plus. Et sachez que ce royaume de Kesmacoran est la dernière province de l’Inde en allant vers l’ouest et le nord-ouest : de Maabar jusqu’à cette province, c’est la Grande Inde, que des royaumes, des provinces et des cités qui sont sur la mer ; car de celles qui sont dans les terres, nous n’avons rien dit, car ce serait trop longue matière. Et pour cela nous allons partir, et vous parlerons encore de quelques îles qui sont de l’Inde. Et je commencerai par deux îles qui sont appelées Mâle et Femelle. * Aucun accord sur l’emplacement de ce royaume. Peut-être Kedj-Mékran ?
Ci devise de l’île Mâle et de l’île Femelle Quand on part de ce royaume de Kesmacoran, qui est en terre ferme, et qu’on va par mer environ cinq cent milles vers le midi, on trouve les deux îles Mâle et Femelle*. L’une est près de l’autre d’environ trente milles. Les gens sont tous Chrétiens baptisés et se maintiennent sous la loi du Vieux Testament ; car quand les femmes sont grosses, ils ne les toucheraient en aucune manière, et quand elle a une fille, ils ne l’a touche pas pendant quarante jours.
Ci devise de l’île Mâle et de l’île Femelle (suite) Tous les hommes vivent dans l’île appelée Mâle ; et quand vient le mois de mars, ils partent tous et vont à l’autre île, chaque année pendant trois mois : mars, avril et mai. Et pendant ces trois mois, ils prennent leur plaisir avec leurs femmes. Et au bout de ces trois mois, ils retournent dans leur île où ils s’occupent, pendant les autres neuf mois, à ensemencer, labourer et faire le commerce. Ils ont dans cette île beaucoup d’ambre fin. Ils vivent de viande, de lait et de riz. Ils sont très bons pêcheurs, et prennent dans leur mer de très bons et très grands poissons ; ils en prennent très grande quantité et les font sécher, dont ils ont tout l’an assez à manger ; encore en vendent aux marchands qui passent. * On les place au sud de l’Arabie, près de l’île anglaise de Socotra.
Ci devise de l’île de Scotra Quand on part de ces deux îles et qu’on fait environ cinq cents milles vers le midi, on trouve l’île Scotra dont les habitants sont tous Chrétiens baptisés et ont un archevêque. Ils ont beaucoup d’ambre, d’étoffes de coton et autres marchandises, et proprement grande quantité de poissons salés, gros et bons. Ils vivent de riz, de viande et de lait, car ils n’ont nul blé, et vont tout nus, à la manière des autres Indiens. Il s’y fait beaucoup de commerce, car il y vient de grands navires de tous les pays, avec toutes les marchandises que les marchands vendent à ceux de cette île, leur achetant de l’or en échange, de quoi ils font grand gain. Tous les nefs qui veulent aller à Aden passent par cette île. Leur archevêque ne dépend pas du Pape de Rome mais est soumis à un grand archevêque qui demeure à Bagdad et qui commande à celui de cette île et à plusieurs autres de cette partie du monde, tout comme notre Pape le fait ailleurs. En cette île viennent beaucoup de corsaires qui font marché du butin qu’ils ont fait ; et ils le vendent très bien, car les Chrétiens de cette île l’achètent, parce qu’ils savent bien que c’est avoir des Sarrasins ou d’idolâtres. Et sachez qu’ils ont dans cette île les meilleurs enchanteurs du monde. Il est bien vrai que l’archevêque leur interdit ces pratiques autant qu’il peut, mais ils répondent que leurs ancêtres furent des enchanteurs et qu’ils veulent l’être aussi. Et vous dirai quelque chose de leur enchantements : qu’une nef mît à la voile avec bon vent, ils pourraient éveiller un vent contraire et la faire revenir en arrière. Ils font souffler le vent qu’ils veulent ; ils font la belle mer ou de grandes tempêtes. Ils font encore d’autres plus grands enchantements, mais ils ne sont pas bons à mettre dans notre livre. Il n’y a pas autre chose à conter de cette île. Nous irons donc plus avant et vous parlerons d’une autre île qui a nom de Madeigascar. (D’après “Le livre de Marco Polo, A. t’Serstevens). Don Joam do Castro, 1541 Voici l’extrait le plus intéressant de l’ouvrage de Kammerer, concernant le routier du futur Amiral Don Joam do Castro, (Le Routier de Dom Joam de Castro. L’Exploration de la mer Rouge par les Portugais en 1541, Paris, Éditions Geuthner, 1936). Ce routier relate la croisière d’expédition portugaise dirigée par D. Estevam de Gama, un des fils du grand Vasco, en 1538. La description fort détaillée de l’île et de ses habitants est suivie des commentaires, et corrections scientifiques complémentaires, du grand spécialiste de la région qu’a été Albert Kammerer.
Description de l’île de Caquotoraa L’île de Caquotoraa a une longueur de 20 lieues sur 9 de large. Elle est située à 12 2/3 de latitude nord, la côte nord de l’île a une direction EO ou plutôt du NO au SE. La bordure côtière est très nette, sans basses, brisants ou obstacles d’aucune sorte capables de gêner la navigation. Au mouillage, le fond est sablonneux et par place pierreux, mais sans que les cordages risques de s’y couper. De ce côté le vent traversier, c’est à dire le vent du N, souffle avec une telle impétuosité qu’il soulève jusqu’au haut de la montagne de grandes dunes de sable pouvant même dépasser les cimes. Sur tout son pourtour l’île est privée de tous ports ou mouillages où les navires pourraient d’abriter en sécurité. La côte est partout abrupte et ceintes de grandes et hautes montagnes, comportant beaucoup de pics, pitons ou autres formations majestueuses. Sur les plages le régimes des marées est entièrement en désaccord avec celui des marées des Indes. En effet, lorsque la lune pointe au-dessus de l’horizon, le flot est déjà tout à fait plein : c’est alors que les marins appellent la pleine mer. Dés que l’astre commence à s’élever dans notre hémisphère, le jusant commence à se faire sentir jusqu’à ce que la lune atteigne le méridien de l’île. Description de l’île de Caquotoraa (suite) A ce moment, la mer est tout à fait basse, ou ce qui est la même chose, c’est la marée basse. En même temps que la lune commence à redescendre, la marée commence à remonter ou grandir dans le même ordre et degré qu’elle était descendue et cela jusqu’à ce que la lune ait disparu sous l’horizon. J’ai répété cette observation à de nombreuses reprises sur les plages et toujours j’ai constaté la même chose.
Cette île de Cacotoraa, si je m’abuse, fut appelée autrefois, DIOSCORIDE, ainsi que la ville qui s’y trouvait, d’après ce qui dit Ptolémée à sa table 6 de l’Asie. Mais sa manière de la situer, c’est à dire les parages où il la place, montre qu’il fut mal informé par les navigateurs. Cela explique qu’il a été difficile d’identifier Dioscoride et que des considérations et conjonctures étranges aient été avancées pour faire cadrer son nom ancien avec son nom moderne. Quoi qu’il en soit, Ptolémée plaçait cette île près des plages de l’Arabia Felix, alors qu’elle en était éloignée de 110 lieues. Il l’a rapprochait ainsi beaucoup trop du cap SYAGRIOS, que nous appelons aujourd’hui le Cap FARTAQUI, et il l’éloignait en même temps du promontoire des AROMATES, que nous appelons aujourd’hui GARDAFUI. L’île au contraire, est plus rapprochée du cap des Aromates que de Syagrios. Cependant, la mer de ces régions a été, tant par les Portugais que par les Arabes, explorée si complètement qu’il n’y reste pas la moindre terre à découvrir. Il faut tenir compte aussi de c e qu’à cette lattitude, où, d’après ce que nous savons, toutes les autres îles sont stériles et sans population, celle-ci est habitable et fertile. On doit donc tenir pour établi que Dioscoride ne peut être aucune autre que l’île de Cacotoraa. Sans doute, le temps peut corrompre et transformer bien des choses, mais je n’admets pas qu’il ait à ce point pu changer la situation que décrit Ptolémée ni les informateurs de ce dernier l’aient tant induit en erreur. Les gens de Cacotoraa ont gardé la foi de l’Evangile. Selon leur propre témoignage, c’est du bien heureux apôtre Saint Thomas qu’ils ont reçu leur enseignement et c’est par lui qu’ils furent amenés à notre foi. Il y a beaucoup d’églises dans toute l’île. Elles n’ont d’autre patron que la Croix de Notre-Seigneur. Les habitants font leur oraison en chaldéen, d’après ce qu’on m’a dit. Tout enseignement leur manque, mais ils sont désireux d’en recevoir et demandent avec insistance surtout qu’on les instruise dans la doctrine et les usages de l’église romaine, qu’ils tiennent tous pour la seule bonne et qu’ils veulent garder. Ils portent les mêmes prénoms que nous ; Pierre, Jean, André. Les femmes s’appellent généralement Marie. Leur manière de vivre est singulière. Ils n’ont ni roi, ni gouverneur, ni prélat, ni personne à qui obéir ou de qui recevoir des ordres. Ils vivent quasi comme des bêtes sauvages, sans organisation de la justice, ni vie politique. Il n’y a dans toute l’île, ni ville, ni localité importante ; leur demeures sont des cavernes, quelques fois des paillotes éparpillées ; leur existence est sylvestre et pastorale. Ils mangent de la viande et des dattes. Ils boivent du lait et plus rarement de l’eau. Tous ont une grande dévotion pour la croix, à tel point qu’il est impossible de trouver un seul habitant qui n’en porte une sur la poitrine. La race est belle et présente la meilleur apparence de toutes celles de la région. Les habitant sont grands et droits ; leur figure est bien proportionnée. Les hommes ont le teint basané. Les femmes sont plus blanches et suffisamment belles. Dans toute l’île, on ne trouve pas d’armes, ni offensives, ni défensives, sauf quelques épées de fer rouillées, très petites. Les hommes vont nus, portant seulement pour la décence de petits pagnes qu’ils appellent cambolès et qu’ils fabriquent en quantité dans l’île. La terre est naturellement pauvre et l’on n’y trouve pas d’autre production que l’aloès et le sang de dragon. L’aloès abonde et l’emporte en quantité sur tous les autres. L’île est entièrement montagneuse ; elle nourrit comme dans nos régions toutes sortes de troupeaux qui sont en suffisance. Elle ne produit ni blé, ni riz, ni vivres d’aucune sorte. Cela ne provient pas, selon moi, de l’infertilité du sol, mais du manque d’industrie et d’habileté des habitants, car l’intérieur est frais. Il s’y trouve en abondance des vallées et des pleines cultivables offrant toutes espèces de ressources. La population de pratique d’aucune manière ni la navigation, ni la pêche, quoique les plages soient très poissonneuses. Il y a peu d’arbres fruitiers, si l’on excepte le palmier, qui est l’objet de beaucoup de soins, parce qu’il fournit la principale alimentation. La terre produit diverses espèces potagères, ainsi que des herbes médicinales ; les montagnes sont couvertes de basilic et autres plantes odoriférantes.
Commentaires et corrections de A. Kammerer
Tout le monde admet aujourd’hui l’identité entre Dioscoride et Socotora. Cette île fut en effet connu des Anciens, mais de nom seulement. Il faut arriver à Cosmas Indicopleustes (voyageur grec d’Egypte du temps de Justinien, qui, vers 528, fit le voyage des Indes), pour trouver des indications précises sur Socotora. Dans sa topographie, il dit qu’on y parlait encore le grec de son temps et que la population était chrétienne.
L’île eut plus tard la plus mauvaise réputation chez les Arabes. Maçoudi au Xe siècle, la signale comme un nid de corsaires et cela est confirmé par Marco Polo qui dit lui aussi que les habitants sont chrétiens (mais Nestoriens). Ils les accusent en même temps de nécromancie, de sorcellerie, affirmant qu’ils peuvent obliger les navires à se jeter à la côte où ils vont les piller. Idrisi et Makrisi parlent dans le même sens de cette île misérable.
Socotora fut atteinte pour la première fois par les Portugais en juillet 1507.
Le grand amiral d’Albuquerque se présenta avec sa flotte devant Suk (Soko), au même mouillage que devait atteindre plus tard J. de Castro en 1541. L’île appartenait aux princes arabes de Kaishem (Kism) sur la côte de l’Hadramaout. A sa surprise, l’amiral portugais y trouva un fortin. Il s’en empara, massacra la garnison arabe, transforma en église la misérable mosquée et fit amitié avec les naturels chrétiens. Il laissa une faible garnison et répara la forteresse. Dès lors les flottes portugaises prirent l’habitude de faire relâche à Socotora et de s’appuyer sur cette petite base qui, cependant, dégénéra rapidement. Dès 1516, le Florentin André Corsali, voyageant avec la flotte de Lopo Suarès, constatant que la forteresse quasi abandonnée avait été réoccupée par les Arabes.
Découvrir l’île de Socotra Nous n’avons pas la prétention de vous présenter ici un guide touristique. Nous ne le souhaitons pas non plus. Cependant, vu la conjoncture, et sans doute l’engouement même relatif pour cette destination, en fonction de notre “philosophie”, de nos fonctions, actions et expérience, nous avons considéré juste de vous proposer quelques informations sérieuses. Nous l’espérons, Socotra ne devrait jamais être une destination “populaire” ou subitement à la mode. Pourquoi ? Sans être élitiste, cette île unique en son genre mérite l’humilité et le désir profond d’y aller : un certain état qui fait que l’on va à Socotra. D’abord, elle demande des efforts et un budget, car il faut aller au Yémen, puis ensuite à Socotra. Il faut aussi des autorisations et une organisation. Cela a un coût, et évidemment n’est pas à la portée de tous. De plus, la vie y est très simple et rustique. Pas de lieux chics, de bars ni de restaurants aux menus alléchants, une alimentation très simple, pas de route (mis à part les 10 km actuellement en cours, très flatteurs et objets de fierté, entre l’aéroport et Hadibû), pas d’hôtel chic, seulement trois auberges simples au confort très limité. Enfin, il y a tant de choses à découvrir dans cette île : la Nature à l’état pur, des lieux qui vous paraîtrons insolites, un peuple doux, calme et discret, le monde ses oiseaux et des fonds marins, de multiples sensations très personnelles. Comment aller à Socotra ? Il faut d’abord aller au Yémen (belle occasion de découvrir ce splendide pays). Comptez environ 800 euros aller/retour en classe économique. Visa à prendre en Europe (environ 50 euros). Renseignez vous. Ambassade du Yémen en France. 25, rue Georges Bizet 75016 Paris. Tel : 01 53 23 87 87 (consulat 01 53 23 87 85/86).Deux autorisations sont à demander au département du tourisme à Sanaa (mais pas sûr que cela soit nécessaire en 2009). Si vous n’avez que de bonnes intentions, vous pourrez les obtenir facilement par une agence touristique sur place.
Pour aller à Socotra :
En bateau : ce n’est pas simple, le plus facile est de Mukalla, il n’y a pas de ligne mais parfois des gros boutres en bois qui y vont et s’arrètent au débarcadère proche de Suk ou à Qalantsya. Ces boutres transportent divers produits, sont très chargés à l’aller (cartons, caisses, véhicules), et parfois presque vides au retour, mais vous supporterez difficilement les odeurs de mazout et de requins partiellement séchés. Le prix est à négocier avec l’armateur ou le capitaine. Vérifier bien d’être en règle avant de partir (présentez votre passeport aux autorités portuaires).
Si vous avez un voilier, vous pouvez facilement y faire escale (à partir de 2008 et 2009, on évoque bien sûr des risques de piratage en provenance du Poutland, et en tous cas il n’y a AUCUN risque de la part des marins et pêcheurs yéménites). Vous y trouverez de quoi vous ravitailler et de l’eau.
Par avion : La compagnie Yemenia ou la nouvelle compagnie filiale Félix Airways (« low cost » à prix plutôt cher !) a une ligne hebdomadaire avec le continent deux fois par semaine (vendredi et dimanche ou lundi). Les vols partent de Sanaa (3 h), avec des connexions depuis Mukalla (aéroport de Ryan, une heure). Comptez environ 350 à 500 euros pour un vol aller/retour depuis Sanaa.
Séjourner à Socotra Deux solutions : individuellement, il faut trouver un véhicule (rare, souvent en état précaire et fort cher, 100 à 150 $us/jour). Mettez-vous d’accord avec votre loueur qui peut se présenter à vous dès votre sortie de l’avion ou à Hadibû. De toutes façons, vous devez prévoir de quoi bivouaquer : duvet, tente, matériel de camping complet (et de quoi préparer à manger), et réserves allimentaire. Hadibû en 2009 possède plusieurs hôtels avec tout le confort, téléphone, télévision et sodas… le bonheur et la modernité ? Collectivement : un voyage de groupe ou organisé est certainement la meilleure solution. Renseignez vous. Plusieurs organismes yéménites et occidentaux commencent à programmer cette destination, parfois sans y avoir été. Ne vous trompez pas et vérifiez l’expérience de vos prestataires. Le prix que vous pouvez régler, justifie tout le temps et l’argent que vous pourriez dépenser seul, sans compter les tracasseries. Dans ce cas là, l’organisation préparera votre séjour complet. De plus, il s’entoure de spécialistes de terrains, connaissant les lieux appropriés pour vos étapes et excursions. De toutes façons, vous ne serez pas nombreux, une dizaine de personnes tout en plus. Comme Socotra attire un public particulier (les amis de la nature, marcheurs, même pas les fous de plages !), il est évidemment que des agences occidentales vont commencer à programmer des séjours. La meilleure saison est entre octobre et avril, guère plus. N’y allez pas les autres mois.
Séjourner à Socotra (suite) Déjà, à la suite de « notre travail », nos explorations et reportages à la TV (parfois en notre partenariat) et dans la presse ; cela faisant suite aux deux expositions complètement inédites (les toutes premières en France) que nous avons présenté dans notre Centre sur cette île (2000 et 2006), et donc après les « découvertes), quelques agences françaises se sont misent dans la « brèche ». Aussi la Maison du Yémen réalise des voyages ou expéditions particulières sur cette île, en partenariat avec des agences de voyages et organismes français, occidentaux et des prestataires sur place. Notre expérience concernant l’île de Socotra remonte à des années (1992), et nous sommes parmi les tous premiers à y organiser des séjours. Nos objectifs sont divers : contribuer à la préservation du patrimoine naturel et humain de l’île, éviter par divers actions de perturber l’écosystème, développer un tourisme modéré qui a conscience de ce patrimoine en créant des programme spécifiques. Nous développons des actions ponctuelles liées à la qualité de la vie (santé, réflexions sur la culture vernaculaire et la transmission du savoir).
Que ramener de Socotra ? Sans doute, pas grand chose comme objets et souvenirs. Mis à part de beaux clichés (attention prévoyez diverses pellicules car la lumière est intense, des piles et votre propre matériel car il n’y y a encore rien sur place ; vous pourriez acheter des tapis tissés en poils de chèvre, vendus à la sauvette dans certains villages, des poteries que vous pouvez trouver le matin à Hadibû. Si vous chercher bien, vous pouvez acheter de la résine d’encens et de Draceana. Comme les Socotris n’ont pas trop d’idées de la valeur des choses, ils vous demanderont souvent un prix qui vous paraîtra très élevé. C’est plutôt le cas, et ils ne veulent pas marchander. C’est ainsi. Vous pouvez trouver quelques coquillages ; des enfants vous en présenteront. Il est strictement interdit de faire des prélèvements sur l’île (graînes, plantes, insectes). Vos bagages seront ouverts avant de reprendre l’avion. En fait ce sont plutôt des sensations et plein d’images dans la tête que l’on ramène... C’est peut-être mieux. D’autre part, il faut plutôt éviter d’apporter des présents ou cadeaux et de prendre des photographies exagérément. Respecter les relations humaines, c’est ne pas faire des personnes (et enfants) qui tendent la main, ou d’en faire des “bêtes curieuses”.
Excursion en bateau Il existe plusieurs possibilités, sur place en demandant si on ne vous le propose pas, normalement le temps le permet, à des pêcheurs ou propriétaires de bateaux (longues pirogues, zarougs, boutres ou barques en plastique) pour une excursion.
Ornithologie : étude et observation des oiseaux Socotra est aussi le paradis des oiseaux. De nombreuses espèces, dont certaines endémiques, vivent en différentes régions de l’île. Une brochure rédigée en anglais, comportant plusieurs planches aquarellées d’oiseaux, de paysages et de plantes caractéristiques, a été publié au Yémen. (Elle est disponible à la Maison du Yémen, Paris). Pour tout contact ou organisation sur place, vous pouvez contacter David Stanton, Directeur du Yemen Ornithological Society, YOS. P.O Box 2002, Sanaa. Courriel : yos@y.net.ye. Tel : (00 967) 1 207-059/fax : 1 370-193. Ou visitez les sites de l’île de Socotra, pnud, etc…
ADIEU NATACHA... la dame aux étoffes
Au revoir Natacha… Quelle curieuse journée, ce 3 mars 2009 !
Sortant d’un rendez-vous avec un expert pour un devis de travaux dans notre centre culturel (concernant un nième dégâts des eaux) vers 12h15, je constate que la factrice vient de déposer du courrier dans notre boite aux lettres, bien tard ce jour. J’y vais donc aussitôt et découvre deux lettres, l’une simple que j’ouvre et je lis 5 lignes éparses sur une page A4, me proposant d’aller d’une manière pas ordinaire « le mardi 3 février 12h30 – 13 h Salle des hommages 71 rue des Rondeaux Paris 20 (crématorium Lachaise » … et je vois la signature : Jean-Pierre C.
Je relis trois fois ces lignes, qui me questionnent, qui m’inquiètent. Ma gorge se bloque, je deviens un automate, abruti. Je relis encore Nadine (Natacha) P. 25.2.46/24.2.09… et je constate qu’il s’agit d’amis… et d’elle qui ne serait plus vivante, qui n’est plus là ! En un instant, je mesure l’importance et la terrible annonce, je sais que je dois être avec eux, avec lui, Jean-Pierre, peu importe, 3 février-3 mars. je file en vélo, il est 12h30. J’arrive peu après dans cet immense cimetière, le soleil rayonne, je cherche l’édifice à cheminée. J’arrive vite, je questionne, un employé m’accompagne en sous-sol, ouvre une porte, 20 personnes sont là, certains se tournent, j’entend des sons, de la musique… Mahmoud Ahmed, « Méla-Méla », on m’invite à m’assoir, à me recueillir, et donc en 10 mns, je suis donc en face de Natacha, coffre fleuri, sa famille, ses amis (es), et son amour Jean-Pierre. L’émotion est là, terrible, les mots du récitant sont posés, l’homme augmente le son de « Méla-Méla », l’Ethiopie est là, en silence au cœur du père Lachaise, sa musique africaine préférée ! la cérémonie dure encore un peu. Peu après, Jean-Pierre découvre ma présence, ému, très ému, nous nous serrons fort, nous partageons nos larmes,... moi, frais de cette histoire dans ce lieu où je débarque stupidement, mes mots sortent, des mots, ce qui me semble dire. Nous sommes bouleversés et partageons cette peine, ce n’est pas grand-chose pour nous, leurs amis…
Alors ici, je veux rendre hommage à ma manière à Natacha Prévot, à cette magnifique personne, rieuse, heureuse, passionnée des peuples, du monde, des voyages, des belles choses et des étoffes de rêve… Celles du Yémen et d’Ethiopie qui nous ont rapproché voilà 10 ans à la Maison du Yémen.... Passion partagée avec son amour plein de charme, d’humour et de fantaisie, Jean-Pierre.
C’est un couple extra-ordinaire que je connais (je ne peux considérer le mettre au passé), que vous connaissez peut-être ! deux comètes, deux fous passionnés d’eux et de la vie, grands voyageurs bourrés d’idée, déboulant parfois chez nous en fin de journée en quête de trésors, dénichant une bricole pour en faire une merveille pour une autre exposition de leur cru. Nous garderons alors la joie de vivre de Natacha, en priant plus que jamais que Jean-Pierre portera haut en fort cette oriflamme lumineuse. JP, il est obligatoire que tu tiennes et que tu poursuives cette œuvre… Natacha, tu as retrouvé les drapés de la Reine de là-bas, c’est trop tôt… Jean-Pierre, courage ! nous t’aiderons si tu le veux, tu dois garder la tête haute. A bientôt.
JM B., au soir du 3 mars.
La Reine de SABA : Origines mythiques et religieuses
articles divers à découvrir... Voici une rubrique à découvrir et à polémique... autour de la Reine de Saba. Elle peut intéresser divers internautes : La Reine de Saba, sous toutes ces formes... Nous avons présenté il y a une exposition à la "Maison du Yémen", notre ancienne adresse, rue de Nemours... une étonnante exposition : Nous avions fait rencontré BILKIS, pour les Yéménites ou les Arabo-musulmans, ou MAKEDA, pour les éthio-érythréens,... avec MELKIOR, le roi Mage (soit disant originaire du Yémen, de Bir Ali, ancien KANA ou CANA, mentionné dans la Bible). A suivre donc, ci-dessous (ou à suivre prochainement) :LA REINE DE SABA, dans les écrits SAINTS :
1- LE LIVRE DES ROIS :
La reine de Saba avait entendu parler de la renommée que Salomon devait au nom du Seigneur ; elle vint le mettre à l’épreuve par des énigmes. Elle arriva à Jérusalem avec une suite très imposante, avec des chameaux chargés d’aromates, d’or en grande quantité et de pierres précieuses.
"Arrivée chez Salomon, elle lui parla de tout ce qui lui tenait à coeur. Salomon lui donna la réponse à toutes ses questions : aucune question ne fut si obscure que le roi ne pût donner de réponse. La reine de Saba vit toute la sagesse de Salomon, la maison qu’il avait bâtie, la nourriture de sa table, le logement de ses serviteurs, la qualité de ses domestiques et leurs livrées, ses échansons, les holocaustes qu’il offrait dans la Maison du Seigneur et elle en perdit le souffle. Elle dit au roi : "C’était bien la vérité que j’avais entendu dire dans mon pays sur tes paroles et sur ta sagesse. Je n’avais pas cru à ces propos tant que je n’étais pas venue et que je n’avais pas vu de mes yeux ; or voilà qu’on ne m’en avait pas révélé la moitié ! Tu surpasses en sagesse et en qualité la réputation dont j’avais entendu parler. Heureux tes gens, heureux tes serviteurs, eux qui peuvent en permanence rester devant toi et écouter ta sagesse. Béni soit le Seigneur, ton Dieu, qui a bien voulu te placer sur le trône d’Israël ; c’est parce que le Seigneur aime Israël à jamais qu’il t’a établi roi pour exercer le droit et la justice." Elle donna au roi cent vingt talents d’or, des aromates en très grande quantité, et des pierres précieuses. Il n’arriva plus jamais autant d’aromates qu’en donna la reine de Saba au roi Salomon. Les navires de Hiram qui avaient transporté l’or d’Ofir avaient aussi rapporté du bois de santal en très grande quantité et des pierres précieuses. Avec ce bois de santal, le roi fit des appuis pour la Maison du Seigneur et la maison du roi, ainsi que des cithares et des harpes pour les chanteurs. Il n’arriva plus jamais de bois de santal, on n’en a plus vu jusqu’à aujourd’hui. Le roi Salomon accorda à la reine de Saba tout ce qu’elle eut envie de demander, sans compter les cadeaux qu’il lui fit comme seul pouvait en faire le roi Salomon. Puis elle s’en retourna et s’en alla dans son pays, elle et ses serviteurs".
1 Rois 10, 1-13
======================= LE CORAN : Chapitre 13 : Le Roi Salomon et la Reine de Saba
Coran 21 - 79 : Nous donnâmes à David et à Salomon l’intelligence, la science et la sagesse. Et nous forçâmes les montagnes et les oiseaux à chanter nos louanges. Nous avons agi.
Coran 27 - 16 : (...) Salomon fut l’héritier de David. Il dit " Dieu nous a appris à comprendre le langage des oiseaux et nous a comblé en toutes choses. Ce sont des faveurs évidentes de Dieu.
Coran 27 - 17 : Un jour que Salomon avait rassemblé ses armées, il se dirigea avec eux vers la vallée des fourmis.
Coran 27 - 18 : En voyant venir cette grande armée une fourmi s’écria : Ô fourmis, rentrez vite dans vos demeures de peur que Salomon et son armée ne vous foulent avec leurs pieds par mégarde... Cela fit sourire Salomon.
Coran 27 - 20 : Salomon avait de magnifiques volières, et il se plaisait à les entendre chanter. Mais un jour il remarqua qu’un oiseau à la huppe (ara ?) n’était pas revenu. Peu de temps après ce superbe parleur vint se poser sur l’épaule de Salomon et dit au roi :
Coran 27 - 22 : J’ai appris ce que tu ne sais pas, je viens de Saba avec des nouvelles qui vous intéresseront :
Coran 27 - 23 : J’y ai trouvé une femme régnant sur les hommes, elle possède toute sorte de biens et elle a un très grand trône.
Coran 27 - 24 : Mais j’ai vu aussi qu’elle et son peuple adoraient le soleil, Satan a embelli leurs œuvres à leurs yeux, il les a détournés de la vraie voie en sorte qu’ils ne sont pas dirigés.
Coran 27 - 25 : Et ils n’adorent point ce Dieu unique qui produit au grand jour les secrets des cieux et de la terre, qui sait ce que vous pensez et tout ce que vous faites.
Coran 27 - 27 : Nous verrons, dit Salomon, si tu dis vrai ou si tu mens ?
Coran 27 - 28 : Va-t’en avec cette lettre de ma part, et remet la à la reine
Coran 27 - 29 : Surprise et charmée par l’arrivée de l’oiseau multicolore, la reine convoqua les grands du royaume pour les informer de l’arrivée du message de Salomon et leur lire le contenu :
Coran 27 - 33 : Nous sommes forts et redoutables, reprirent-ils, mais c’est à toi, notre reine, de nous donner des ordres et de commander.
Coran 27 - 34 : Lorsque les rois étrangers entrent dans la ville, dit la reine ils la ravagent et transforment les plus honorables citoyens en pauvres misérables.
Coran 27 - 35 : J’enverrai donc des présents à Salomon et attendrai sa réponse
Coran 27 - 36 : Lorsque l’envoyé de la reine de Saba se présenta devant Salomon celui-ci lui dit " : Voulez-vous augmenter mes trésors ? Ce que Dieu m’a donné vaut bien mieux que les biens dont il vous a comblé. Mais vous mettez vos biens dans vos richesses !
Coran 27 - 37 : Retourne vers le peuple qui t’envoie. Nous irons l’attaquer avec une armée où vous ne pourrez pas résister. Nous vous aviliront et vous chasseront du pays.
Coran 27 - 41 : Alors la REINE de SABA vint se présenter devant Salomon qui l’invita dans son palais pavé de cristal. Elle en fut toute éblouie.
Coran 27 - 45 : Seigneur, dit-elle, j’avais agi iniquement en adorant les idoles, mais maintenant je me résigne comme Salomon à la volonté de Dieu, Maître de l’Univers.
Le miel du Yémen... le plus cher du monde
et celui de la régionLe miel du Yémen : le plus rare & le plus cher du monde
A voir les ruches, des sortes de fûts en terre cuite ficelées installées sur des supports sommaires et caillouteux, à voir une tente bricolée non loin de là et des bédouins calmes et silencieux, on est très loin d’imaginer que l’art de l’apiculture remonte ici à la nuit des temps, et que les détenteurs du savoir sont souvent sans besoin. Le assal dohâni, le miel du Wadi Dohân, situé en plein cœur de la large vallée du Wadi Hadramawt (entre les montagnes du Yémen et la région du Dofâr omanais) est effectivement très réputé car les abeilles, djabali, butinent ce qu’elles ont autour d’elles, à savoir des fleurs de plantes peu fréquentes, endémiques, exceptionnelles, uniques au monde. Pas des moindres. Dans la vallée verdoyante, elle butinent des acacias, palmiers et plantes assez ordinaires, mais aussi un arbrisseau appelé ilb, nerprun ou prunier noir à l’état sauvage tandis que dans les renfoncements des vallées et sur les hauts plateaux, elle se régalent de fleurs de plantes extraordinaires : Commiphora, arbres à myrrhe, Boswellia sacra, encensier endémique et régional très rare qui donne une résine uniques et prisée durant des millénaires (à partir de 5000 ans avant J.-C. jusqu’à l’invention du bâtonnet d’encens qui n’en est pas un). Les abeilles vont aussi chercher les fleurs de Stapelia, Caralluma aux splendides inflorescences feutrées aux odeurs putrécides, Kalanchoë farinosa, Cissus, pour ne citer que ces quelques succulentes. Selon les saisons, le miel, produit très dense à la forte viscosité due au très faible degré d’humidité, aux teintes noirâtres (faisant penser à du pétrole brut) et donne des goûts inconnus pour les palais normaux. Les vertus millénaires sont connues : force et vaillance pour les hommes âgés ou les jeunes ; vertus médicinales pour les femmes en santé fragile ; longévité et stimulant sexuel voire aphrodisiaque. Mais aussi ce miel offre la chance évidente de pouvoir concevoir un héritier mâle… Les apiculteurs pratiquent le nomadisme, laissant leur famille au village. Se déplaçant jadis en dromadaire, aujourd’hui ils le font en 4x4 ou plutôt en camion. Même en plein désert du Rub al-Kahli et « son affluent yéménite », le Ramlat as-Sabatayîn rencontrer des apiculteurs ayant déployés les battants du gros camion dégageant ainsi les ruches installées à mène la benne. Là aussi le miel est exceptionnel car dans un vaste rayon, elles dénichent des fleurs de graminées ou de petites succulentes qui surgissent pour quelques jours à peine après un gros orage. Et au détour d’une dune, on peut jouir d’une surprenante prairie verdoyante ! Le miel du Wadi Dohân est en vente directement « chez les producteurs », et dans les boutiques des villages et villes des environs. Il reste très prisé des grandes familles du Golfe et même d’ailleurs. Avec l’Unité yéménite (1990) et l’attrait des pratiques théologiques, la vogue du miel s’est répandue partout, mais seul, celui du Dohân reste inclassable, par ses goûts si subtiles et son coût très élevé qui peut atteindre la valeur de 300 euros le kilo. Lors des fêtes, des réceptions ou encore des séances de Dân (rencontre poétique) les Hadramis aiment déguster leur légendaire assal, en savourant du café, gawa, de la tisane du café, girch, ou plutôt du tchaï yéméni, parfumé au girofle ou à la cardamome.
Le 2 décembre 2006, Camille et Thierry Sergent, soutenus par l’Ambassade de France à Sanaa, ouvrent à Hadibu, petite capitale de l’île de Socotra, la première boutique de miel socotri, avec la participation de 112 apiculteurs. Ils comptent aussi pour avril 2007 produire le premier miel de dracaena au monde, avec une fête-hommage qui aura lieu à Sanaa.
Durant l’exposition « Yémen, Arabie Heureuse… » et toutes les autres qui se succèdent, l’Espace Reine de Saba a le plaisir de présenter, de faire déguster et de vendre des miels exceptionnels et exclusifs du Yémen, Socotra, rivages de la mer Rouge, Ethiopie (Bati, Débark, Axum, Harrar), Erythrée, Oman (miel de datiers), et même d’Iran.


